LIRE ET DIRE POUR LE PLAISIR

CAUSERIE-DEBAT le 6 avril 2019

 

 

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-Organisation et Présentation : E. Mickaël Emmanuelle(Directrice des Projets de POETIK’ART) -Animation artistique : Aliou Cissé(Comédien et Metteur en scène) - -Animation du débat/Modérateur : Adams Kwateh (Journaliste) - -Intervenante : Egidia Souto (Maître de conférences en Littérature et Civilisation des pays Lusophones à l’Université Sorbonne Nouvelle- Paris 3) -  Jean-Georges Chali (Professeur en Littérature comparée à l’université des Antilles

 

Quelques mots pour présenter Joseph Zobel- selon Jean-Georges CHALI

Joseph ZOBEL appartient à la nouvelle génération d’écrivains postcoloniaux qui, forts de leurs engagements, ont contribué à l’évolution de l’histoire littéraire de langue française aux Amériques pour contrecarrer la pensée européocentriste coloniale. En donnant la parole au peuple martiniquais, Zobel réécrit l’histoire vue du dedans, par et pour le Nègre, comme l’attestent ses romans les plus emblématiques, La Rue Case-Nègres, Diab'-là, ou son recueil poétique le plus connu Incantation pour un retour au pays natal. Ecriture populaire, esthétique enracinée au cœur des traditions populaires, le texte « zobellien » représente la société de classes rurales, urbaines et révèle les mutations sociales antillaises qui ont émergé au lendemain de la période esclavagiste.

 

Extrait de Réminiscences d’un lieu primordial : la parole de Joseph Zobel en dialogue avec des voix africaines-Egidia SOUTO

 

Joseph Zobel est l’un des romanciers et poètes les plus significatifs de la pensée antillaise. Il a tout au long de sa vie littéraire entretenu un rapport privilégié avec les arts. Il instaure un subtil glissement entre poésie et prose et, par ses métaphores, ses descriptions, dessine sur le papier des paysages lointains pour former une géographie de l’intime. La lecture de Joseph Zobel transporte le lecteur vers un univers cinesthésique, c’est une toile des multiples réalités qu’il a observées…

Mais de quelle façon Joseph Zobel transforme-t-il le paysage et dans quelle mesure le paysage le transforme-t-il à son tour ? Ce dernier est-il saisi comme une limite, telle une géographie, ou bien comme un passage ? Ne serait-il qu’un miroir de l’être, une métamorphose de l’âme ? Partant du postulat de l’écrivain et grand défenseur de la tradition orale, Amadou Hampâté Ba, « Tout est lié. Tout est vivant », nous oserons, pour répondre à ces questions en adoptant une approche comparatiste et mettre en lumière d’autres auteurs de l’archipel du Cap-Vert et du Mozambique qui se sont eux aussi posés, à des moments différents, les mêmes interrogations : l’exil, le retour à la terre natale, la mer comme seul moyen de fuite.

 Nous accorderons, tout d’abord une place privilégiée à la poésie, afin de saisir des noyaux de symboles récurrents autour du paysage, de la mélancolie, des femmes, de la mer, des lieux, de l’enfance.

Et même si on se demande quel lien rapproche ces auteurs, disons, qu’ils offrent, de prime abord, cette possibilité́ de mener un voyage « Tout monde » au sens du terme d’Edouard Glissant, dans ces « lieux du cœur » presque fantastiques dont la seule frontière serait l’imagination.

Egídia Souto, Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3, CREPAL.

 

 

Date de dernière mise à jour : 15/04/2019